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Lettre d’information - Actualités
FloriHebdo - Lettre #11 - 2 juin 2020
 
DES LECTURES POUR TERRASSES ET JARDINS
 
FloriHebdo - Lettre #11
 
 
 
Aujourd’hui, mardi 2 juin, les bars et restaurants parisiens peuvent de nouveau nous accueillir – en terrasse seulement –, et depuis samedi dernier, les parcs et jardins sont ouverts au public. Se réunir bien sûr (toujours avec précaution) mais aussi lire sur la pelouse, sur un banc, à la terrasse d’un café… Les livres que nous avons choisis envisagent la « question de l’être » : des moments de vie et d’écriture, des histoires familiales, la quête identitaire et le tiraillement entre deux cultures, l’amour des êtres et l’amour des œuvres. Des nouvelles, romans, récits, autobiographiques ou biographiques, des lettres et un essai philosophique en forme de journal de pensées qui s’interroge sur le sentiment de scission entre « ma vie et moi ». Toute vie n'est-elle pas un roman ?
Signalons également qu'un journal du projet « Raconter et transmettre pour lutter contre la haine » (action soutenue par la Fondation La Poste), réalisé pendant le confinement par des élèves de 3ème du collège Michel-Richard Delalande à Athis-Mons, est à présent en ligne.
 
 NATHALIE JUNGERMAN
 
 
Anne Serre, Au cœur d'un été tout en or.
Éd. Mercure de France, 28 mai 2020
Par CORINNE AMAR
 
Autoportrait en trente-trois visages, trente-trois paysages, fragments courts pour une romancière rodée à la nouvelle (qu’elle a longtemps écrite pour des revues). Un je tantôt masculin tantôt féminin, qui promène son lecteur d’un univers fantasque à l’autre ; un père, dans un hôpital, qui se prend pour Alfred de Musset et parle à sa fille comme si elle était George Sand ; une mère qui ressemble à Liz Taylor avec son joli visage au petit nez droit, des souvenirs resurgis de
 
vieux carnets intimes, des amitiés vieilles de trente-cinq ans, des ruptures, des voyages qui ont compté ou encore, l’apparition prémonitoire d’un chat noir dans une soirée amoureuse sur une véranda d’hôtel. Il y a dans le ton de ces nouvelles un certain charme de l’écriture qui mêle la fiction et la réalité avec un talent proche du conte. L’originalité du style s’était vue déjà dans Petite table, sois mise (Verdier 2012), une fable qui racontait l’histoire d’une famille sans tabou, empruntait son titre à Grimm, et jouait allègrement avec les mystères de la sexualité et de la transgression.
« Depuis que j’écris et raconte des histoires, j’ai toujours envie (et j’ai essayé cent fois de le faire) de décrire un peu ce que fut notre existence dans cette maison où nous étions une bonne dizaine et où, pour des raisons confuses, nous vivions en plein vingtième siècle comme au dix-neuvième siècle », (Sur la pelouse). La nouvelle est aussi courte que les autres, à peine plus de deux pages et pourtant, d’une densité, d’une ferveur particulière, qui ajoutent à la magie du souvenir évoqué : celui d’une enfance heureuse parce qu’originale, emplie de grâce, dans une grande maison de vingt pièces où habitaient les enfants, les parents, les grands-parents, les bonnes… Des souvenirs si précis, si empreints de leur beauté pure, qu’il arrive parfois qu’ils refusent d’apparaître. Et sans doute, alors, faut-il les imaginer...
 
Judith Schlanger, Ma vie et moi
Éd. Hermann
Par GAËLLE OBIÉGLY
 
Dans L’Homme sans qualités de Robert Musil, Ulrich, qui accueille sa sœur chez lui, entame avec elle une discussion dès qu’elle a posé ses affaires. Tout le propos d’Ulrich est porté par une seule question : Comment dois-je vivre ? Ce n’est pas exactement ce qui anime le nouveau livre de Judith Schlanger. Mais si l’on se pose cette question, comment dois-je vivre, n’est-ce pas pour faire coïncider la conscience et les circonstances, les faits, les décisions qui constituent notre vie ? Se demander comment dois-je vivre aurait-il pour effet de remodeler en permanence sa manière d’être au monde ?
 
 C’est une façon de considérer sa vie et soi. Le nouvel ouvrage de Judith Schlanger se demande si ma vie et moi, c’est pareil. La philosophe s’exprime à la première personne du singulier, dès la couverture. Et c’est pour mieux parler de nous tous, êtres humains. Et ce je qui est le sien et qui est le nôtre est « un milieu vital qui déborde de très loin l’état civil et le corps. »
Le livre est composé de quatre chapitres où Judith Schlanger se déplace avec une souplesse de gymnaste. Les mouvements de sa pensée sont précis et toujours fluides. C’est d’ailleurs ce qui fait l’attrait de ce livre et des autres livres de l’auteure. Les questionnements sont originaux et indispensables ; l’expression est claire ; les exemples et citations sont approfondis. La philosophe ne s’adresse pas uniquement à ses pairs mais à tout lecteur, sans sacrifier la complexité de son propos. Au contraire, chaque page nous amène un peu plus loin dans la réflexion où nous la suivons activement.
Tout d’abord, on se demande qui peut juger de sa propre vie. Puisque désormais le destin des êtres humains s’incarne ici-bas, l’avis qu’ils portent sur leur existence est très important. Le Jugement dernier a été remplacé par le sentiment personnel vis-à-vis du cours de l’existence. Ce que l’on pense de sa vie, c’est le seul jugement qui compte désormais. Sauf, bien sûr, pour les croyants, soumis à d’autres instances.
Si le sentiment est le seul tribunal, comment organiser le bonheur pour tous ? Le bonheur étendu à tous est une idée, un projet politique qui émerge en Europe au moment de la Révolution française. Cela implique un certain type de société. Mais puisque la dimension subjective joue dans l’appréciation du bonheur, n’est-il pas vain d’en faire un objet collectif ? En effet, c’est la conscience du bonheur qui fait le bonheur. Les conditions peuvent être réunies pour rendre tout le monde heureux sans que le bonheur n’arrive. Une vie réussie, si aucune transcendance n’en juge, c’est la vie dont le sujet se déclare satisfait. Oui, mais selon quelle image de la satisfaction ?
Tout le premier chapitre se consacre à la question du bonheur. Et l’on verra que ses sources sont diverses. La vie heureuse n’est pas liée au seul hédonisme. Certaines personnes vont très tôt se définir, dès l’école, par la réputation, l’honneur, le regard des autres et de l’institution. D’autres sont portées par un désir de gloire, une volonté de se survivre, de marquer la mémoire. Ou encore, la vie réussie, ça peut être de se vouer à une cause plus grande que soi ; la patrie, la révolution, notamment. Bref, le sentiment de soi détermine les rôles que l’on veut jouer, la manière dont on doit vivre. Et ne pas y réussir ou y avoir renoncé engendre un mal être et l’impression d’un gâchis.
Il est probable qu’à notre époque, où la satisfaction hédoniste, le repli sur soi, prime sur l’idéalisme collectif, le bonheur soit plus accessible puisque moins ambitieux. Mais la générosité existe encore. Et comme le dit Judith Schlanger sacrifier sa vie pour une cause est une réponse à un besoin d’épopée personnelle. Se vouer à autrui, au bonheur d’autrui plutôt qu’au sien, aller vers une mort héroïque est une façon de vivre au plus près de soi-même.
Judith Schlanger regarde comment les optimistes du XIXème siècle ont espéré l’articulation de l’individu et du collectif. Et particulièrement du système de production et de l’accomplissement personnel. Marx et Fourier ont rêvé une société où chacun pourrait s’épanouir, se reconnaître dans son travail en se livrant à l’occupation qui lui convient. Ce serait ça, la liberté : faire coïncider les goûts et les taches à accomplir.
À l’opposé, les pessimistes constatent l’écrasement, la frustration, l’aliénation de presque tous les travailleurs.
S’il effectue ses tâches à contrecœur, le salarié peut espérer trouver un certain plaisir dans la consommation. Si ses revenus ne sont pas absorbés par les besoins essentiels, il pourra s’acheter des choses. Et y trouver un sentiment de réalisation active. Car il y déploie ses traits et ses goûts. C’est une forme d’expression. Elle satisfait celui qui s’y adonne et c’est en même temps un enjeu économique capital. La société occidentale repose sur cette activité passionnée. Si Judith Schlanger lui consacre une partie importante de son analyse, cela tient au fait que la consommation constitue un enjeu existentiel majeur. Dans un monde opulent, dit-elle, acheter c’est choisir, décider, acquérir, posséder, et c’est avant tout se rêver. Et se voir libre.
Dans la consommation, le sujet peut avoir le sentiment de se réaliser pleinement comme cela peut être le cas avec le travail, le dévouement à autrui, la mort héroïque, la quête de la gloire. Mais la consommation ne peut avoir lieu que dans un certain type de société. Une société qui vous incite à cueillir votre désir et n’a aucune attente sur la personnalité morale. Dans cette société, chacun, par ses achats, peut croire qu’il exerce sa liberté.
Mais la conscience se modifie tout au long de l’existence et la vie que l’on mène peut être modelée en conséquence. Ceci est montré dans le genre du roman de formation. Un personnage neuf va évoluer vers sa maturité en multipliant les expériences. Il se développe et s’approfondit au gré des circonstances. Elles ont pour effet de façonner la personne. Ce type de roman porte une vision éducative de la durée humaine.
Dans le deuxième chapitre, Judith Schlanger envisage les vies gâchées. Considérer sa vie comme gâchée est pour elle une des pires formes du mal. Qu’entend-on par vie perdue ? Là encore qui peut en juger ? Il s’agit d’un écart intérieur entre son expérience de vie et ce que l’on est vraiment. Le sentiment de gâchis découle de cette inadéquation entre les circonstances, les événements, et l’idée que le sujet a de lui-même. Il y a un dédoublement douloureux. Autrement dit : c’est mon expérience mais ce n’est pas moi et je ne suis pas réellement ça.
On peut ainsi se sentir en exil dans sa propre vie. Il arrive aussi que l’on inspire de la pitié, que l’on passe pour un déchet social alors que notre vie est guidée par un secret obstiné qui nous anoblit. C’est dans la conscience que se tient le bonheur ; le malheur aussi.
Dans le troisième chapitre, Judith Schlanger porte son attention sur ce qui constitue l’identité. Est-ce mon histoire de vie qui a fait de moi ce que je suis ? Comment suis-je devenu ce que je suis ? Toute vie n’est-elle pas un roman ?
Le récit biographique est une façon de faire connaissance avec un sujet. Ce n’est pas la seule. On peut aussi rendre compte de soi, comme Montaigne, non pas en déroulant les événements de sa vie, les enchaînements de faits, mais en se retirant dans un perpétuel présent. C’est alors une conscience qui s’exprime. Elle se concentre sur son point de vue moral dont elle ne cache pas les intérêts, les positions, les goûts, les futilités. Le soi peut être aussi passionnant, sinon plus, que la narration de sa vie.
 
LETTRES CHOISIES

Béatrix Beck et Roger Nimier

Béatrix Beck, Devancer la nuit
suivi de Correspondance avec Roger Nimier


© Les Éditions du Chemin de fer, Collection Micheline, avril 2020. Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation La Poste
 
Née en 1914 en Suisse, belge par son père, naturalisée française en 1955, Béatrix Beck va d’abord faire de sa vie le matériau de ses livres, de Barny en 1948 à Le muet en 1963. Avec Cou coupé court toujours, elle amorce, en 1967, une « nouvelle manière » qui caractérise tous les livres qui suivront, où la concision du style, la parole donnée à celles et ceux qui ne l’ont pas habituellement le disputent à l’inventivité jubilatoire de la langue et à une belle et généreuse amoralité.
En 1952, Léon Morin, prêtre obtient le prix Goncourt.
Roger Nimier et Béatrx Beck ont probablement commencé à s’écrire suite à l’article élogieux que Nimier consacre, dans Carrefour, à Léon Morin, prêtre.
Les Éditions du Chemin de fer
 
Lettres lues par Nathalie Jungerman
 
 
Santiago H. Amigorena
Il y a un seul amour

Éd. Stock, Collection Ma nuit au musée, 18 mars 2020
Par ÉLISABETH MISO
 
Santiago H. Amigorena a accepté l’invitation insolite de passer une nuit au musée Picasso. Jusqu’à minuit, il peut déambuler à sa guise dans les salles désertes du musée, de minuit à six heures et demie du matin, il doit rester dans le hall de l’escalier d’honneur où ont été disposés un petit bureau pour écrire et un lit de camp pour dormir. Le temps d’une nuit, le voilà séparé de la femme qu’il aime. Elle va pourtant occuper toutes ses pensées puisqu’il a le projet d’écrire sur la douceur et la violence de leur amour, sur tout ce qu’aimer suscite comme interrogations. Il veut profiter de son absence pour lui écrire longuement.
Il parcourt l’exposition consacrée à Picasso et à Giacometti, mais plus il tente de s’absorber dans leurs œuvres, plus elles se dérobent. « Je voulais voir et mon désir, ma volonté de voir aveuglaient mon regard. » Habituellement ses yeux et sa réflexion ne sont pas empêchés de la sorte, la peinture l’inspire et se glisse fréquemment dans ses livres. « La peinture m’a toujours semblé, instinctivement, plus proche de ce que je cherche en écrivant : un espace plutôt qu’un temps, une terre plutôt qu’un air – plutôt qu’un fleuve un océan. » Il se remémore ainsi sa passion adolescente pour Vermeer, sa découverte des Offices de Florence, du Kunsthistorisches Museum à Vienne et du Rijksmuseum à Amsterdam. Le regard « fier et absolu » du Petit buste d’Annette de Giacometti lui évoque celui de la Tête de Néfertiti du musée du Caire et le ramène à celui de sa compagne. Art et vie intime sont-ils inextricablement liés ? La passion amoureuse peut-elle se comparer à l’amour de la littérature ou de la peinture ? S’agit-il du même amour ? N’y a-t-il qu’un seul amour ? se demande Santiago H. Amigorena qui sait combien son désir d’écrire s’est nourri de ses relations sentimentales. « Souvent, j’ai confondu l’amour des êtres et l’amour des œuvres, puisque leur but ultime, à tous deux, croyais-je, n’était que de me permettre de bâtir l’illusion de mon œuvre. »
 
Siri Ranva Hjelm Jacobsen,
Île

Traduction du danois Andreas Saint Bonnet.
Éd. Grasset, 18 mars 2020

Par ÉLISABETH MISO
 
« Dès que ma mère venait ici, elle semblait avoir accès à une mémoire étendue, plus profonde et plus colorée que la sienne, une mémoire connectée à tout ce qui l’entourait. Le puits de la lignée. À vrai dire, elle semblait ne plus s’adresser qu’à lui. » La narratrice d’Île, danoise par son père, féroïenne par sa mère, rend visite avec ses parents à sa famille maternelle. Sa mère a organisé ces vacances sur les Îles Féroé, par besoin de se savoir reliée à la terre et à l’histoire de ses parents décédés mais aussi parce qu’elle devine chez sa fille la même attraction, la volonté d’en savoir davantage sur ses origines. La beauté des îles est envoûtante, avec ses montagnes, ses fjords, ses maisons basses couvertes d’herbe et ses moutons. « J’aurais aimé qu’un bourgeon en moi ait grandi ici, qu’il appartienne à ce lieu, à la pierre, aux effluves verts », confie la jeune femme. Son voyage vers les îles de ses ancêtres se juxtapose au mouvement inverse opéré des décennies plus tôt par ses grands-parents maternels, partis s’établir au Danemark. Des grands-parents, dont elle garde un souvenir nostalgique. Fritz et Marita rêvaient d’un autre horizon que celui de la pêche ou de l’usine à poissons. Marita rejoint son mari à Copenhague au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale, juste avant l’Occupation britannique. « (…) Comment émigre-t-on ? Que fait-on de tout ce qui nous dépasse ? (…) Qui étions-nous ? Les Féroïens, ceux qui sont restés, et nous autres, les hôtes du sang, l’essaimage biologique de la migration. ». La narratrice s’attache à retracer la trajectoire de ses grands-parents et à décrypter ce qui se joue en elle, derrière ce sentiment d’être tiraillée entre deux cultures. Siri Ranva Hjelm Jacobsen, a trouvé dans sa propre histoire familiale de quoi composer un subtil et poétique premier roman porté par le thème de la quête identitaire et de l’héritage.
 
Dominique Fourcade, Magdaléniennement.
Éd. P.O.L, 28 mai 2020
Par CORINNE AMAR
 
C’est un ample poème habité d’intemporalité et de modernité à la fois, où les mots seraient d’une telle intransigeance existentielle, d’une telle anxiété, qu’il semblerait comme une évidence de lire longtemps une même page, et d’avoir en tête ou sous les yeux, un autre des livres de Dominique Fourcade pour avec lui, remonter le temps puis le redescendre. Essayiste, poète, commissaire d’expositions, celui qui, dans
 
Citizen Do (2008), écrivait à propos de son œuvre, « mon métier est de voir nu », a consacré des textes sur Matisse, Cézanne ou Pollock et cherche à transposer dans sa poésie des techniques de peintres, évoque ici encore des moments d’écriture et de vie. Lascaux, les attentats de CharlieHebdo, une libellule qui traverse, des bouts de roman, Rodin et la danse au Musée Rodin, une visite de l'exposition Cézanne au Metropolitan, la musique, la danse, Merce Cunningham, Bashung. Et puis, Manet, Matisse, Richter… Prose ou poème, en autant de mouvements, d’apparitions qui emmêlent les styles de langage ou les langues, éparpillés ici ou là un mot d’allemand ou d’argot, une expression anglaise ou bien familière, « être au contact du réel », une obsession et une angoisse. Tu me dis / de ne pas m’émerveiller tant que ça, que les tailleurs sont guidés par le sentiment du corps, que cela va presque de soi : ai-je le droit de demander ce qui les guide dans le sentiment du bleu. Déséquilibre, équilibre permanents d’où naît la strophe, confrontation du poète à son époque. « Magdaléniennement » : le mot inventé à partir de Magdalénien qui désigne la période préhistorique du Paléolithique supérieur, renvoie à cette période dont le chef-d’œuvre reste la grotte de Lascaux et ses peintures pariétales, et aussi, à cette question déterminante de la modernité : Lascaux, Cézanne, infiniment modernes. Parler ou écrire, de toutes façons : « rien n’arrive si une syllabe n’est pas son corps ».
 
 
Journal du projet • Élèves de 3e2 | Collège Michel-Richard Delalande | Athis-Mons.
Ce journal du projet « Raconter et transmettre pour lutter contre la haine » a été réalisé dans des conditions particulières, suite à la fermeture du collège en raison de l’épidémie de COVID-19.
 
 
Cet email a été envoyé à nathalie.jungerman@laposte.net.
 
 
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